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 Journée pourrie, ennui démesuré... ~ {Cameron}

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MessageSujet: Journée pourrie, ennui démesuré... ~ {Cameron}   Sam 21 Mar - 18:24


Dans sa robe grise d’un hiver infini,
D’où tombe toujours de fines gouttes,
Lentement glisse sur une longue route,
La si belle et triste dame de l’ennui.

Journée pourrie, ennui démesuré...

    On ne sait jamais à l'avance si on va avoir un accident ou tomber malade. On se lève le matin sans savoir si on va tomber amoureux ou être foudroyé. On peut étudier toute sa vie, mais on n'apprendra pas pour autant la date de sa mort. On ne prévoir ni les pires catastrophes ni les plus grandes joies. Et c'est pour cela que le langage fournit des mots comme "Choc", "Surprise", "Bouleversement", "Désastre" ou bien "Mystère". Aucun de ces mots ne viendraient à l'esprit d'Elize, surtout pas "Surprise". Non, elle vivait en mode pilotage automatique. Pour la jeune femme, ce jour-là avait commencé au lit. Le grand défi consistait à se lever, à se trouver des vêtements assortis, à maîtriser suffisamment la douche pour ne pas geler ou brûler, à boire le café raté du réfectoire et à partir dans un endroit pour fumer, boire et se reposer en paix, sans un crevard qui vienne faire chier...

    Le soleil agonisant embrasait l’horizon, le rouge disputant sa place au jaune sur la toile immense du ciel. Le déclin du jour se reflétait sur la surface endormie du lac, le moirant de reflets pourpre et orangés. Le crépuscule ; apologie des couleurs et de la beauté. Pourtant, ce n’est pas vers le spectacle céleste qu'Elize avait les yeux tournés mais vers ses pieds. Le bout renforcé de ses chaussures, pour être précise. La magie visuelle et atmosphérique qui se dégageait de cette fin de soirée ne l’atteignait pas. Pas même elle n’avait daigné lever les yeux, totalement absorbée par ses pensée et l'examen silencieux de ses bottes. Elle n’avait jamais eu l’esprit très ouvert sur les beauté de ce monde et n’avait jamais goûté à la magnificence d’un paysage ou l’écrasant idéal d’un crépuscule comme celui là. Non, définitivement rien à faire.

    Le regard infiniment vide, imperméable à toute sollicitation extérieure. Le visage figé, masque de glace ne dégageant qu’une impression de distance et de dureté. Ses yeux d’un vert trop criard pour être naturel fixés sur un point unique. Elle était relativement seule, la fraîcheur de la soirée ayant éloigné les quelques promeneurs. Ils y avait bien des gens qui étaient encore là, finissant un repas ou admirant les reflets du soleil, mais ils ne dérangeaient pas Elize, elle ne les entendaient pas, c’est comme s’ils n’existaient pas.

    Affalée sur un banc instable, ni réellement assise, ni vraiment allongée, une jupe froissée ne cachant que très peu des résilles déchirées, elle ne faisait rien. Ne pensait à rien. Les narcotiques qui circulaient encore dans ses veines l’y aidait. Pas de but, ni d’obstacle, de problème, de raisons. Juste un néant absolu. Plus besoin d’éprouver de sentiments, plus d’utilité à réfléchir. Juste se laisser aller à l’oubli, le vide apocalyptique d’un cerveau dérangé. Elle se sentait bien, désincarnée de son propre corps. Les bienfaits de la drogue.

    Elle aurait pu rester des heures ainsi, le temps ne comptait pas pour elle. Sa vie n’avait plus réellement de sens, elle faisait acte de présence, c’était déjà pas mal. Mais à rester figée, immobile, elle finit par glisser. Elle se rattrapa de justesse avant que sa tête ne heurte brutalement l’acier du banc, réflexes dûment acquis et travaillés. Étouffant un grognement, elle pris appui sur un coude pour se relever. Brutalement tirée de son lymphatisme, elle balaya d’un regard rapide ce qui l’entourait, ne s’arrêtant pas un instant sur ce ciel torturés, aux couleurs brûlante. Un instant comme l’éternité aurait pu s’écouler depuis qu’elle avait posé le cul sur le banc ; elle était incapable d’y répondre. Ce n’était pas important.

    Elle laissa échapper un soupir, s’affala un peu plus contre le dossier, faisant grincer les baleines maltraitées de son corset. Peu à peu, elle retrouvait de son énergie, prêtant une oreille plus attentive à ce qui l’entourait. Et elle commençait à s’ennuyer. De toute façon, ça allait bientôt changer, puisqu’il lui semblait entendre quelqu’un approcher…
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